LE PASSAGE DE L’OISEAU DIVIN

Joan Miró
"Le monde se distend comme la pelure en impeccable hélice d’un citron vert. En scintille la boucle de celle qui supplia : « Encore une minute, monsieur le bourreau ! » Et la bouleversante cornemuse, conçue en des temps toujours reculables pour épouser les mouvements du cœur auquel elle s’applique étroitement quoi qu’il arrive, donne de tous ses bourdons à l’étoile du berger. Où se délace – d’un flot de rubans de Riemann – la beauté, qui l’appréhende a déjà le pied sur la pédale : « La partie matérielle de la plante est tout à fait consentante à être mangée. » C’est très volontiers que la chenille qui la dévore, se fit-elle arrogante comme celle de la dicranure vinule, s’expose, dans le subtile du devenir, à être la proie de l’oiseau. Plus rien n’en transparaît dans l’aromal : « Un oiseau, un papillon ne sont jamais tristes. Les papillons sont très élevés en esprit ; ils jouent avec les enfants ; le papillon le sait et s’en amuse : il s’échappe toujours, même quand on l’attrape et qu’on le tue."
André Breton / Constellations / Signe ascendant / Poésie/ Gallimard***
"...et la danse de papillon contrarié à bretelles de Miró...quand nous avions confiance en l'essentiel...l'accueil de l'étranger...l'accueil de l'autre qui jouait un violon incompréhensible...nous avions confiance avec légèreté...et avec faites l'amour pas la guerre...et avec la belle répétition des formes jusqu'à cette infime variation...qui font danser les constellations..."

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