Cette nuit…
le vent est sorti de ses gonds
et a hurlé sa colère
à la face de la terre
Par les routes et les chemins
les prairies et les forêts
il a craché son venin
Au ciel… il a tiré les cheveux
torturé le corps des arbres
les a secoués par la manche
et cassé les doigts des branches
Sous la robe de la nuit
il s’est engouffré jusqu’au jour
lui retroussant ses noirs jupons
le vent est plus qu’un fripon
Il a giflé les étoiles
fermé la porte à la lune
et culbuté le soleil
par derrière les nuages
Les oiseaux se sont cachés
dans la profondeur des haies
attendant que ce voyou
en cesse avec son courroux
Il a sifflé sous les toits
brutalisé les demeures
leur a ôté le sommeil
maltraité portes et fenêtres
leur a déchiré la chemise
pour s’introduire avec violence
dans leur secrète intimité
Le vent est un forcené
quand il s’emporte avec démence
et qu’il viole sans vergogne
cette femme sublime… la Terre
10 février 2009

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